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L'éducation à la sobriété numérique : pistes pour l'enseignement

Sarah Descamps – assistante de recherche et doctorante à l’Université de Mons en Belgique – propose des pistes éducatives concrètes autour de trois axes de réflexion : 
  • L’éducation au sujet de la sobriété numérique : comment sensibiliser ? 
  • L’éducation par la sobriété numérique : comment concilier transition écologique et transition numérique ? 
  • L’éducation pour la sobriété numérique : comment agir ? 

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Intervenants
  • Sarah Descamps

Sarah Descamps :
Tout d'abord, il y a une urgence.
Il y a une urgence climatique vu que les enjeux climatiques s'accélèrent, on voit que, cet été, il y a eu des canicules, des inondations, on a clairement des impacts liés à l'environnement, et d'un autre côté, la transition numérique s'accélère aussi puisqu'on numérise et utilise de plus en plus le numérique.
Ensuite, c'est le rôle de l'école.
Si on sensibilise les jeunes d'aujourd'hui, c'est sensibiliser les citoyens de demain.
Et donc, on peut espérer que ce qu'on va leur enseigner à l'école aujourd'hui, ils vont le mettre en œuvre dans leur vie future.
Ensuite, sensibiliser les jeunes et les enfants, c'est aussi sensibiliser les foyers.
Donc, on a déjà vu ce genre de phénomène avec le recyclage : les enfants retournaient à la maison et apprenaient à papa et à maman comment on trie les déchets.
Donc on peut espérer voir ce genre de comportement apparaître avec les usages numériques.
Et enfin, c'est une thématique qui vient d'émerger et donc l'idée, c'est de s'emparer de cette problématique, maintenant, tout de suite.
On parlait déjà d'éducation relative à l'environnement dans les années 70-80.
Pourtant, pendant longtemps, c'était des enseignants, un peu isolés, qui faisaient des choses pour éduquer à l'environnement et l'objectif, c'est de ne pas reproduire la même erreur avec l'éducation à la sobriété numérique.
Quand on parle d'usages numériques et leurs impacts sur l'environnement, il est important d'utiliser des usages que les jeunes pratiquent.
Donc ce n'est pas très cohérent de parler de télétravail ou de voiture connectée, c'est mieux d'utiliser des usages pratiqués par les jeunes comme le streaming vidéo, les jeux vidéo ou encore l'utilisation d'un smartphone et d'analyser l'impact de ces usages sur l'environnement.
Tout le défi qui se cache derrière l'éducation à la sobriété numérique, c'est de rendre visible l'invisible.
Quand on utilise du plastique, on est conscient qu'il y a du plastique.
Mais avec l'impact du numérique sur l'environnement, ce n'est pas le cas.
Donc un outil efficace : c'est l'analyse du cycle de vie.
L'analyse du cycle de vie, c'est un outil qui est très visuel pour comprendre que l'impact du numérique ne se situe pas uniquement quand on l'utilise, mais tout au long du cycle de vie du numérique.
Donc, il se compose en quatre phases.
On a d'abord la phase de naissance qui comprend l'extraction des minerais.
Ensuite, on a la phase de production qui a un impact sur l'environnement.
Et puis la phase de distribution et de transport où on a de nouveau un impact sur l'environnement lié au transport de ces différents équipements.
Ensuite, on a la phase d'utilisation, ce qu'on appelle la phase de vie, quand on va utiliser nos appareils numériques, il y a des data centers qui tournent quand on va sur internet, il y a des réseaux qui sont alimentés en énergie, et tout cela a un impact sur l'environnement.
Une fois que l'on n'utilise plus son équipement numérique, il peut lui arriver deux choses : soit, s'il a de la chance, il est recyclé et revalorisé, mais c'est encore quelque chose de très rare ou alors il finit sa vie, souvent à l'étranger, dans des décharges et donc de nouveau, on a un impact sur l'environnement.
Tout d'abord, la transition numérique peut servir la transition écologique.
On a par exemple des Youtubeurs qui se sont rassemblés pour inciter les jeunes à manifester pour le climat, c'est une solution numérique par rapport à l'environnement.
On a également des réseaux de producteurs locaux qui se mettent en place grâce au numérique.
De nouveau, c'est une solution par rapport à l'environnement.
Mais l'utilisation du numérique peut être aussi au service de l'éducation relative à l'environnement.
On a par exemple des jeux comme Écoquartier qui permettent aux jeunes d'avoir une gestion responsable dans le quartier.
On peut également les rendre, grâce aux vidéos, de manière immersive, dans des décharges à l'étranger, comme au Ghana, pour qu'ils se rendent compte de la quantité de déchets électroniques.
Finalement, il faut que les enseignants soient cohérents.
Enseigner la sobriété numérique, oui, mais il faut être sobre aussi soi-même.
Donc pour cela, il y a des petites techniques pour réduire son nombre d'équipements, par exemple, mettre les élèves en ateliers, ça permet de développer la collaboration entre eux et, en même temps, on réduit son besoin en équipements.
Le numérique peut être aussi au service de l'apprentissage.
On a par exemple la ludopédagogie comme je viens de le citer précédemment.
On a également les communs qui permettent de mutualiser les équipements et donc de réduire aussi le nombre d'équipements.
Donc il y a plein de choses qui peuvent être mises en place au sein d'un établissement scolaire et par les enseignants.
Tout d'abord, il y a la règle des cinq R à retenir.
La règle des cinq R, c'est tout d'abord : refuser, refuser l'achat d'équipement si on n'en a pas besoin.
Ensuite, c'est : réduire, réduire son nombre d'équipements, son nombre de services numériques au strict nécessaire, on va dire.
Ensuite, il y a : réparer, réparer tout ce qui peut être réparé.
Ensuite, on a : réutiliser.
Donc réutiliser, c'est par exemple aller donner son smartphone à quelqu'un d'autre parce qu'il fonctionne encore et ne pas se laisser tenter par le nouveau smartphone à la mode qui vient de sortir.
Et enfin, on a : recycler.
Donc il y a en France, en Belgique, des centres qui permettent de recycler et de récupérer les équipements et donc éviter que nos smartphones dorment dans le fameux tiroir à smartphones où on a tout, on met tous les équipements à l'intérieur.
Le rôle de l'école et des établissements scolaires, c'est vraiment d'agir collectivement pour une sobriété numérique.
Donc pour cela, on peut mettre en place des chartes d'utilisation responsable par rapport aux usages des jeunes.
On peut également mettre en place une campagne de sensibilisation pour sensibiliser les autres élèves, les autres enseignants mais également les parents.
Donc, il y a des choses à mettre en place, mais surtout d'actions collectives pour une sobriété numérique.
L'académie de Lyon en partenariat avec l'Institut du numérique responsable ont mis en place un label numérique responsable.
On y retrouve des éléments de sobriété numérique.
Ce label, il associe le label numérique responsable, qui existait déjà, mais plutôt à destination des entreprises et le label EDD.
Et donc ils ont fusionné cela pour avoir quelque chose qui soit spécifique aux établissements.
Il y a des ressources qui existent déjà.
On a par exemple le MOOC Numérique responsable qui est en ligne et mis en place par l'Institut numérique responsable.
Et on a également la mallette pédagogique Conscience numérique durable où les enseignants peuvent aller télécharger des ressources pour sensibiliser à la sobriété numérique et à l'impact du numérique sur l'environnement.


Dans la thématique « Éduquer à la transition écologique et sociale »
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