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L'éducation au développement durable, un engagement pour la citoyenneté

Comment aborder cette éducation transversale ancrée dans les questions citoyennes ? Dans cette interview, Angela Barthes – professeure en sciences de l’éducation à l’Université d’Aix-Marseille - aborde l’origine de l’éducation au développement durable (EDD) et montre comment cette éducation transversale s’ancre dans la vie du territoire. À travers quelques exemples qui s’appuient sur l’environnement proche de l’établissement, elle propose des leviers pour engager les élèves dans cette éducation de manière émancipatrice.
Intervenants
  • Angela Barthes

Angela Barthes :
L'éducation au développement durable, cela vient de la politique du développement durable de l'ONU.
Et cette politique émane d'une part du fait qu'on s'aperçoit que l'environnement autour de nous est fini.
Donc on ne peut pas exploiter les ressources indéfiniment.
Et puis on s'aperçoit, deuxièmement, que l'homme est un petit peu responsable de l'exploitation des ressources et donc il faut mettre en place quelque chose que l'on dit durable pour pouvoir continuer à fonctionner comme on le fait.
Et ce qu'on enseigne aujourd'hui, cette éducation au développement durable, c'est cette politique, qui, donc, est liée à la question environnementale.
Les enseignants, qu'ils soient en primaire ou en secondaire, ont de toute façon une formation disciplinaire et donc on leur apprend à manier des savoirs.
Et quand on leur demande d'enseigner le développement durable, finalement, on leur demande aussi, au-delà des savoirs qu'ils ont appris, on leur demande aussi d'enseigner une politique.
On leur demande aussi d'enseigner les enjeux et on leur demande aussi de mettre les élèves en action, c'est-à-dire de leur demander d'agir et eux-mêmes d'agir.
Finalement, ils sont assez peu armés pour faire cela.
Donc, de cela, finalement, découlent plusieurs problèmes : soit les enseignants prennent en charge et militent pour quelque chose dont ils ne connaissent pas forcément les tenants et aboutissants, soit ils sont mal à l'aise, et puis ils se mettent en retrait, mais sans forcément identifier de quoi il s'agit.
Alors, la difficulté pour l'enseignant d'enseigner l'éducation au développement durable, c'est de distinguer ce qui est de l'ordre des savoirs, de distinguer ce qui est de l'ordre des enjeux, de distinguer ce qui est de l'ordre des valeurs et puis donc d'arriver à séparer cela pour pouvoir mener un enseignement qui soit émancipateur pour l'élève.
Quand on enseigne l'EDD, on a des savoirs contributifs qu'il faut qu'on identifie et que l'on doit donner.
On a des pratiques constitutives qu'on doit aussi fournir, mais on doit aussi penser les changements.
Et on doit aussi mener une action politique, politique au sens de la police, c'est-à-dire la vie dans la cité, ce n'est rien de plus le mot politique.
Et donc, il faut segmenter ces quatre points de manière à pouvoir les voir séparément.
Si, par exemple, l'objet, c'est donc de mener une action politique, il faut savoir laquelle.
Quelle finalité ? Pourquoi ? Pour quoi faire ? Et comment on va le faire ? Si la finalité qu'on recherche, c'est par exemple d'enseigner la biodiversité, eh bien, on va rechercher des moyens non seulement d'atteindre les savoirs de base concernant la biologie, mais également de comprendre ce qui change en ce moment dans les États de la planète, mais aussi de comprendre les enjeux, c'est-à-dire pourquoi cela change et enfin comment est-ce qu'on en fait prendre conscience aux élèves ? Et aussi, qu'est-ce qu'on leur fait faire ? Mais dans ce que l'on leur fait faire, il y a plusieurs directions possibles.
Ce qui est quand même utile quand on enseigne l'EDD, c'est de s'appuyer sur l'environnement immédiat qu'on a autour de soi.
Cela peut être soit l'établissement lui-même, soit ce qu'il y a autour de l'établissement.
Alors, dans l'établissement, il y a toujours des parkings, par exemple, qui sont totalement bétonnés ou goudronnés.
Il y a, par exemple, assez peu de continuité biologique.
Il y a, par exemple, très souvent, dans les villes autour, des rivières qui sont souterraines, qui sont maltraitées.
Donc tout ça, c'est important de pouvoir partir sur le terrain avec des étudiants ou des élèves et puis envisager de reposer ces questions-là sous un angle un peu différent de l'habitude et puis, éventuellement, leur faire réfléchir à des prospectives, à la prospective de ce qu'il est possible de faire, donc, ce qu'on appelle, dans le langage un petit peu savant, le curriculum possible.
C'est-à-dire que soit vous leur faites faire des choses qui sont petites, ce qu'on appelle des écogestes, soit vous leur faites faire des choses qui sont plus grandes, c'est-à-dire leur permettre de réfléchir à une plus grande échelle, à ce qui se passe autour d'eux et vous leur faites de déconstruire, par exemple, les enjeux, les concepts.
Donc, effectivement, le fait de partir sur quelque chose de concret, cela leur permet, eux, de réfléchir de manière concrète et de dérouler le fil de la complexité ou de la systémique à partir d'un exemple qui est dans l'environnement naturel autour de l'établissement ou même dans l'établissement.


Dans la thématique « Éduquer à la transition écologique et sociale »
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